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Maouloud : Le sens de la Bourdah et la perpétuation par Serigne Abass Sall de Louga

Posté par: Mansour Gaye| Dimanche 13 janvier, 2013 18:15  | Consulté 8922 fois  |  14 Réactions  |   

De l’héritage des rites spirituels d’El Hadji Malick Sy, fait partie la « Bourda » que Serigne Abass Sall organisait dans ses deux principales mosquées, de Louga et Saint-Louis notamment. Héritant son nom du célèbre poème intitulé  Al Bourda (en référence au manteau du prophète) de l’Égyptien Shaykh Al-Bûsirî (1213-1295), et composé vers 1270 en l’honneur du prophète Mohamed (P.S.L.), la « Bourdah » en tant qu’événement religieux est le fruit de l’imagination du sage de Tivaouane. La corrélation entre son nom avec ce fameux poème dont le titre authentique est « Louange à la meilleure des créatures »  s’explique par le fait qu’il est le chant d’ouverture à chacune des séances. Elle débute en effet onze jours avant la tenue du Maouloud, anniversaire de la naissance de Mohamed (PSL) coïncidant avec le douzième jour du troisième mois musulman, et se tient sur dix nuits de prières, de psalmodie du saint Coran, mais aussi et surtout de chants religieux. Le onzième jour est celui du repos et le douzième, le jour J. Cette programmation d’El Hadji Malick n’est pas due au hasard dans la mesure où elle suit une logique de célébration bien calée. Puisque la naissance du Prophète dans le calendrier musulman connait de fortes divergences d’appréciation quant à sa date exacte, El Hadji Malick a vu mieux de célébrer la décade de désaccord, déclarer repos le onzième, creux qu’il est, et donner un cacher spécial au douzième jour, reconnu à l’unanimité par les connaisseurs, surtout par Abdallah Ibn Abass, un des illustres compagnons du prophète, comme étant le vrai Maouloud. Facile à croire si l'on sait que le jour d’icelui est un lundi, jour fatidique pour Mohamed (P.S.L.) qui marque la date de l’hégire, du mirage, de son décès, etc.

PERPETUATION PAR SERIGNE ABASS SALL

Maintenant que les origines sont déclinées, notons que dans les Zawiyas de Serigne Abass, la manière de tenir la « Bourdah » enregistre une légère différence avec celles privilégiées dans les autres chapelles confrériques du Sénégal. Cette nuance se trouve uniquement dans le choix des textes sacrés à chanter et dont la majeure partie est écrite par le Cheikh. En clair, on note non un changement de forme, mais de fond. Au fait, Mara (diminutif de marabout) a voulu que la psalmodie de ces panégyriques faits sur le Sceau des envoyés de Dieu se plie au programme suivant :

1-      Prière d’introduction

2-      Hâylala, récité pendant une quinzaine de minutes avec des entremêlements de quelques chanteurs principaux.

3-      Al-Bourdah (écrit en m?miya), modèle de poésie dont chaque vers se termine par la lettre ?)

4-      Khaçídat-al-mudarríyya-fil-salàti-‘ala-khayr-al-baríya de Shaykh Al-Bûsirî avec 41 vers chantés intégralement chaque nuit.

5-      Rà-iya  de Cheikh Abass avec 333 vers divisés en 10 parties, soit une partie chantée par nuit.

6-      Tà-iya de Serigne Abass avec 322 vers divisés en 10 parties, soit une partie par nuit.

7-      Nihàyatu-al-amaany de Serigne Abass avec environ 502 vers divisés en 10 parties, soit une partie par nuit.

8-     Prière de clôture

Faudra-t-il préciser que, chez Serigne Abass, les chanteurs et les « choristes » s’assoient obligatoirement en forme de cercle. Parfois, ensemble, en signe de déférence au dédié de ces nuits, ils se lèvent d’un moment à l’autre. Ce geste, quant à lui, est facultatif. La cérémonie nocturne dure environ deux heures et demie, sauf que le dernier numéro dure plus longtemps, pure prétexte de rendre spéciale la clôture.

UN CLIMAT SPIRITUEL PROTÉIFORME

Belle occasion de ferveur religieuse que celle privilégiée durant ce rendez-vous de la « Bourdah » où au moment où d’intenses louanges prophétiques aux refrains rythmiques sont assurées par la majeure partie des participants, d’autres, dans les coins, s’adonnent isolément à des prières surérogatoires, puis tantôt à la lecture du saint Coran, tantôt à l’invocation de noms divine, pour se quitter qu’après le discours final prononcé en Wolof par un des prédicateurs de la famille, qui, la plupart du temps, réserve son prêche à la traduction de quelques vers récemment chantés.

Hormis cet enchainement de célébrations religieuses, passer la « Bourdah » chez Serigne Abass octroie de forts brins nostalgiques à ceux qui le fréquentaient jadis. En fait, les chants émanant des haut-parleurs semblent parler de l’immortalité des précurseurs dans la mesure où on pense que Serigne Abass et ses Moqadems, Serigne Khaly Sall, Serigne Assane Gaye, Serigne Cheikh Wade… sont toujours vivants. Il en est de même pour les illustres hommes de micros disparus tels El Hadji Malick Thiaw, Oustaz Medoune Wade, Serigne Djibril Gaye qui, semblent toujours accompagner les actuels virtuoses tels El Hadji Abass Wade, Serigne Badara Gaye, Serigne Baba Sakho et quanti tutti.

Ceci étant dit, la rationalité soufie voudrait bien que quelqu’un qui prépare tant le Maouloud récidive le jour-j. Effectivement, Serigne Abass a eu le temps d’instaurer des 1959 un Gamou aux rituels particuliers, où la soif de grâce prophétique s’étanche au plus vite. Nous y reviendrons.

ÉCLAIRCISSEMENTS

M?miya, modèle de poème dont chaque vers se termine par la lettre ?

Rà-iya, modèle de poème dont chaque vers se termine par la lettre ?

Tà-iya, modèle de poème dont chaque vers se termine par la lettre ?

On a mis le mot "BOURDA" au féminin pour être en conformité avec sa signification Burdah, reconnue comme telle par les académiciens. Mais les genres féminin et masculin sont tous acceptables.

NB: La version de ce document qui comporte la traduction en français de certains expressions en arabe est disponible sur: http://lafriquedumillenaire.blogspot.com/

Mansour Gaye

 L'auteur  Mansour Gaye
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Commentaires: (14)
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Ibrahima Kamissokho on January 14, 2013 (09:41 AM) 0 FansN°:1
Dieuredieufé Cheikhana Abass Sall (RTA)
Anonyme on January 14, 2013 (09:41 AM) 0 FansN°:2
macha allahhh
Ibrahima Kamissokho on January 14, 2013 (09:44 AM) 0 FansN°:3
DIEUREDIEUFé CHEIKHANA ABASS SALL (RTA)
Mouhamed on January 14, 2013 (10:07 AM) 0 FansN°:4
Dieureuff mansour yalah nala yalah faye té mayla guoudou fane ak wèrgui yarame té lérale khèlmi. Sa papa sou fékéwone li guaye déf dinassi contane dakhté li rék la déf doundam yeup mouye wakh nit yi kane modone serigne abass sall ndakh lakh guimou lakh.
Salam on January 14, 2013 (10:36 AM) 0 FansN°:5
Ceci n'est pas la Sunnah de Rassululahi---donc il ne faut pas le faire. Wa Salam
Une seute on January 14, 2013 (10:55 AM) 0 FansN°:6
Yallah mi amm paye yalla na ngou ko fayale thi barke Yonete bi (S A W)
Une seute on January 14, 2013 (10:57 AM) 0 FansN°:7
Yal na ngou ko Yallah fayal thi maguaye Yonete Bi (S A W) te Tass gnou thi Barkem
Amine Ya Rabbi
CISSE SALL on January 14, 2013 (11:26 AM) 0 FansN°:8
J AIMERAI BIEN QUE VOUS SALAM VOUS M EXPLIQUIEZ CE QUE C EST LA SOUNNA DE RASSOU LILAH. VOUS N AVEZ RIEN COMPRIS. MANSOUR. YAW DAMALAYE. GNANAL. YALLA SAMBE LA TÉ MAYELA WÉR ,GOUDAL SA FANE TÉ BARKÉL LA .LIGA SOUMB. YALLA NALA. KA YALLA. YOMBAL GAYE SERIGNE ABASS YALLA NAÑOU KO YALLA FAYAL. TÉ TASS GNOU THI BARKÉM TÉ YOK LÉRAM .AMINE
Finess on January 14, 2013 (12:45 PM) 0 FansN°:9
merci mansour yalnagnou yalla fayal serigne abass té mayalgnou khalifam bi serigne mansour sall goude fane bou ande ak wér
Anonyme on January 14, 2013 (15:16 PM) 0 FansN°:10
c kan le gamou le 23 oubien le 24
Anonyme on January 14, 2013 (17:11 PM) 0 FansN°:11
Merci Mansour. cet article est trés riche et interessant.
Hakîm Bin Khalâf on June 1, 2013 (17:16 PM) 0 FansN°:12
Extrait du bourde : "O le plus excellent des êtres créés ! Quel autre que toi prendrai-je pour refuge en ce moment terrible, commun à tous les mortels? " --> Al isti3adha bi ghayrillah = shirk (qu'Allah nous en Préserve)

Extrait du bourde : "J'en jure par la lune qui, à son ordre, se fendit en deux" --> Jurer par autre qu'Allah est une forme de shirk car d'après Ibn Omar (qu'Allah les agrée), le Prophète (que la prière d'Allah et son salut soient sur lui) a dit : « Celui qui jure par un autre qu'Allah a certes mécru ou associé » (Rapporté par Tirmidhi dans ses Sounan n°1535 et authentifié par Cheikh Albani dans sa correction de Sounan Tirmidhi).

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Mansour Gaye
Blog crée le 11/01/2012 Visité 100344 fois 10 Articles 1225 Commentaires 3 Abonnés

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